La France en confinement face au coronavirus : des contrôles renforcés avant Pâques et un confinement parti pour durer après le 15 avril – Le Monde

Selon les derniers chiffres officiels publiés jeudi 2 avril, l’épidémie causée par le coronavirus SARS-CoV-2 a provoqué la mort de 4 503 personnes dans les hôpitaux de France, dont 471 entre mercredi et jeudi.

  • Plus de 26 000 personnes atteintes du Covid-19 sont actuellement hospitalisées dans toute la France.
  • Près de 6 499 sont en réanimation, soit 382 de plus en un jour, une hausse qui ralentit depuis lundi.
  • Près de 12 000 personnes sont sorties guéries de l’hôpital depuis le 1er mars, « un chiffre qui progresse chaque jour », selon le directeur général de la santé, Jérôme Salomon.
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Ce dernier a donné hier soir la première estimation du nombre de morts dans les Ehpad : au moins 884 personnes, selon un premier bilan officiel, quoique partiel, annoncé jeudi. Il a précisé qu’il fallait prendre ce premier chiffre « avec beaucoup de précaution ». Le dispositif spécifique de recensement des décès dans les Ehpad, mis en place le 28 mars, « monte progressivement en charge » et « les données sont toujours en cours de consolidation », car « l’ensemble des établissements de type Ehpad n’a pas réalisé la totalité des remontées des cas et des décès », a-t-il précisé. Il existe environ 10 600 structures d’accueil pour personnes âgées en France, dont 7 400 Ehpad.

Lire le reportage : Dans les Ehpad décimés par le coronavirus, « c’est un cauchemar collectif »
  • Un bac bien parti pour se jouer au « contrôle continu »

Lycéens lors de l’épreuve de philosophie du baccalauréat, en juin 2019 à Strasbourg.

Lycéens lors de l’épreuve de philosophie du baccalauréat, en juin 2019 à Strasbourg. FREDERICK FLORIN / AFP

C’est désormais quasiment officiel : crise sanitaire oblige, la session 2020 du baccalauréat devrait bien se jouer, pour ses 750 000 candidats, au « contrôle continu » – autrement dit, sur la base des résultats obtenus lors des premiers trimestres de l’année. Mais il reste à savoir s’il s’agira d’un contrôle continu « complet », comme semble le privilégier le premier ministre Edouard Philippe, qui a évoqué ce scénario sur le plateau de TF1, jeudi 2 avril au soir, ou d’un contrôle continu adossé à une voire deux épreuves terminales, comme le lui suggèrent des syndicats d’enseignants.

Dans l’absolu, tout dépend de la date de reprise des cours, hypothétique à ce stade. Dans les faits, alors que débutent ce vendredi pour la zone C les vacances de printemps, le ministre de l’éducation doit trancher. La situation est inédite, et la solution qu’elle appelle relève du casse-tête : comment aménager le baccalauréat sans dévaloriser le diplôme ni démobiliser des élèves que la fermeture des établissements depuis le 16 mars met sous pression ?

Une conférence de presse convoquée à distance, vendredi à 11 heures au ministère de l’éducation, lui donne l’occasion de répondre à l’enjeu.

Lire aussi Baccalauréat : la session 2020 basculera-t-elle vers un « contrôle continu complet » ?
  • Les évacuations se poursuivent pour éviter la saturation des hôpitaux

Le système de santé va « tenir », a affirmé le premier ministre, Edouard Philippe, qui a averti que le confinement en vigueur depuis le 17 mars sera probablement prolongé au-delà du 15 avril. « L’essentiel est que le système tienne, il va tenir mais il faut rester concentrés, mobilisés et vigilants », a affirmé le chef du gouvernement.

Face au danger de la saturation des hôpitaux, notamment dans le Grand-Est et en Ile-de-France, les évacuations se poursuivent vers les hôpitaux de régions moins touchées. Au total, selon la direction générale de la santé, 439 patients dans un état critique ont ainsi été évacués depuis le 18 mars et d’autres opérations vont suivre dans les jours qui viennent.

Pour faire face à la vague, Edouard Philipe a annoncé l’ouverture « d’un plateau ultramoderne » à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil « courant avril », permettant d’accueillir « 86 patients supplémentaires ». Autre secteur saturé : les pompes funèbres. La préfecture de police de Paris a annoncé qu’un bâtiment du marché de gros de Rungis allait être transformé en funérarium « de grande capacité » pour accueillir les cercueils de victimes.

Lire le récit : en Ile-de-France, une évacuation sanitaire sans précédent
  • Des problèmes pour s’approvisionner en masques

FRANCK FIFE / AFP

Alors que la France a commandé un milliard de masques à la Chine, le premier ministre a reconnu de « vraies difficultés » pour s’approvisionner actuellement, à cause de « la demande considérable qui vient vers la Chine des Etats-Unis, de l’ensemble de l’Europe, du monde entier en vérité, et à la capacité qu’a la Chine à conserver des masques pour elle, ce qui peut parfaitement s’entendre mais qui a un impact sur nous ».

« Pas des difficultés logistiques liées à des avions qui manqueraient car nous avons vraiment la capacité d’envoyer des avions au fur et à mesure que c’est nécessaire, mais la capacité parfois à accéder aux produits des commandes qui ne sont pas toujours livrées pour des raisons assez variées ».

Plus d’un million de masques chirugicaux et des centaines de litres de gel hydro-alcoolique vont partir vers les Antilles, vendredi, à bord du porte-hélicoptère amphibie Dixmude

Après des accusations, formulés notamment par la présidente de la région parisienne de l’Ile-de-France Valérie Pécresse, les Etats-Unis ont, par ailleurs, catégoriquement démenti avoir acheté à la Chine des masques destinés à la France.

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  • Pour les vacances, départs interdits et contrôles renforcés

Des policiers à Marseille, le 1er avril.

Des policiers à Marseille, le 1er avril. CHRISTOPHE SIMON / AFP

Le gouvernement a annoncé que le confinement en vigueur depuis le 17 mars sera probablement prolongé au-delà du 15 avril. « Le déconfinement ne pourra intervenir que de façon progressive », a-t-il répété, en précisant que « nous sommes en train de réfléchir à plusieurs scenarii » avec « des experts de la santé, des logisticiens ». Cette stratégie va fortement dépendre de la disponibilité de tests, alors que le gouvernement est déjà critiqué sur sa gestion, notamment des masques.

Les vacances de Pâques commencent officiellement vendredi pour la zone C (Ile-de-France et Occitanie). Mais « il ne doit pas y avoir de départs en vacances dans les jours qui viennent. Tous ceux qui seront en contravention se verront sanctionnés », a affirmé le chef du gouvernement.

Pour s’assurer que les Français concernés ne partent pas, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a renforcé les contrôles sur les grands axes routiers, mais aussi dans les aéroports et les gares, où « l’offre ferroviaire est réduite à 6 % de sa capacité ».

Le préfet de police de Paris a annoncé vouloir faire respecter le confinement « avec la plus grande fermeté » avec la mise en place de contrôles renforcés, dès vendredi.

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Le Monde avec AFP

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