Coronavirus à Paris : Y a-t-il des affluences trop fortes dans les transports en commun ? – 20 Minutes

Des passagers dans le métro, le 16 mars. — MARIO FOURMY/SIPA

  • Le député LFI Eric Coquerel a posté mercredi sur Twitter une photo montrant un quai de la gare du Nord avec une forte affluence, une photo dont il garantit la véracité.
  • La RATP et la SNCF reconnaissent quelques pics d’affluence, principalement le métro, en dépit d’un trafic de voyageurs en chute libre.
  • La semaine dernière l’Unsa-RATP s’alarmait d’un non-respect des distances sanitaires de sécurité entre voyageurs.

Ce n’était pas une blague. Mercredi 1er avril, Eric Coquerel, député La France insoumise, poste sur Twitter une photo d’un quai bondé. En légende, il précise que le cliché a été pris « ce mercredi à 6h RER Gare du Nord ». L’élu ne s’attarde pas sur les risques sanitaires d’une telle affluence en pleine épidémie du coronavirus mais établit un lien de causalité avec « la réouverture d’entreprises et secteurs », avant de conclure : « Forcer les gens à travailler dans des secteurs non indispensables en plein confinement et pic épidémique me dépasse ».

Contacté, Eric Coquerel précise que « la photo a été prise hier matin par un moniteur automatique de cabine de conducteur ». Il ajoute : « j’ai vu cette photo sur Facebook où elle a été publiée par un conducteur de la RATP. Avant de la reprendre, j’ai eu cette personne au téléphone qui m’a confirmé la véracité de la photo. » Alors y a-t-il vraiment des fortes affluences dans les transports en commun franciliens en cette période de confinement ?

L’Unsa s’inquiète

Jeudi 26 mars, le syndicat Unsa-RATP, majoritaire, se fendait d’un communiqué sobrement intitulé «  Covid-19 Mise en danger de nos voyageurs ». Dans son texte, le syndicat notait que la « diminution de l’offre [de transports] s’effectue de façon purement mathématique, sans prise en compte des réalités du terrain ». En conséquence, « tandis que certaines lignes de métro ou de bus sont quasi désertées, d’autres connaissent une affluence, favorisée par la diminution de l’offre, qui met en danger nos voyageurs », dénonce l’Unsa. Cette dernière ajoute que dans ces conditions, il devient « impossible de maintenir une distance suffisante avec son voisin sur un certain nombre de lignes ».

De son côté, la RATP affirme avoir réduit son offre de transport pour répondre « à la demande du gouvernement de limiter les déplacements non essentiels ». Est également entrée en compte « une baisse de fréquentation supérieure à 90 % sur l’ensemble des réseaux ». Ainsi, « la fréquentation actuelle du réseau est de l’ordre de 5 % de la fréquentation habituelle pour un réseau qui tourne à 30 % en moyenne », précise la Régie.

Si la RATP se dit « très vigilante quant à la charge sur ses lignes », elle note toutefois « une certaine affluence » qui « reste très localisée et sur des plages horaires courtes (très tôt le matin) ». Pour y faire face, « les lignes peuvent sortir des trains supplémentaires ou décider de rapprocher des trains sur les premiers départs pour réduire les intervalles et ainsi absorber le flux de voyageurs ». Ce qui s’est déjà produit sur les lignes 9 et 13.

10 % du trafic passager à la SNCF

A la SNCF, qui gère les RER et les Transiliens, le discours est similaire. « Depuis la semaine dernière, on est à 25 % du plan de transport habituel pour environ 10 % du trafic passager », relève ainsi la société de chemins de fer. Un nouveau plan de transports a été élaboré avec une réduction de l’amplitude fonctionnement qui est passée de 6h à 22h contre 4h30 – 1h ou plus, en temps normal. Pour mettre en place ce plan, la SNCF « a travaillé avec les centres hospitaliers et les communes pour prendre en compte les déplacements des employés sollicités par la crise, comme le personnel soignant ou encore les pompiers ».

Néanmoins, la SNCF constate que « malgré le confinement, des gens continuent de s’agglutiner dans certains espaces, comme près des portes. Par exemple, quand un train arrive Gare du Nord, les gens se regroupent dans le wagon de tête pour descendre plus rapidement. » L’entreprise relève également qu’à « certains endroits, les quais sont bondés, pas comme d’habitude, mais plus que de raison en période de confinement », ce qui pourrait correspondre à la photo d’Eric Coquerel. En conséquence, la SNCF « a renforcé les annonces sur les distances sanitaires et les gestes barrières » et suit au jour le jour le nombre de voyageurs qui circulent afin, par exemple, en cas d’affluence, mettre un train double au lieu d’un simple. « L’objectif est de ne pas dépasser 25 % de la capacité d’un train pour que les voyageurs puissent respecter les distances sanitaires », précise le transporteur.

Au-delà des chiffres et pour en savoir plus sur la réalité des affluences, nous avons demandé son ressenti à un conducteur du RER D qui poste régulièrement des photos de son travail sur Twitter. Voici son témoignage

« Sur le RER D depuis le début du confinement je n’ai pas noté d’affluence « inquiétante » sur les quais. J’ai vu certaines photos tourner aussi, l’effet de perspective donne une masse compacte, mais en réalité les distances sont plus espacées. Globalement ayant travaillé principalement lors des pointes du matin, les quais ne sont pas vides, mais absolument pas bondés. Dans les trains, nous sommes à une occupation de 5 à 15 personnes par voitures. Ce qui permet de respecter globalement les distances de sécurité. »

Il semble donc exister quelques périodes d’affluence fortes, comme celle signalée par Eric Coquerel. Il précise d’ailleurs : « Quand vous regardez bien l’image, vous voyez que tout le quai n’est pas bondé et qu’il y a aussi des espaces libres. Le conducteur RATP que j’ai eu au téléphone me disait d’ailleurs que l’affluence est très variable et qu’elle est plus forte le matin. » Mais pour le député LFI, l’intérêt de la photo réside dans le fait qu’elle montre que « malgré les mesures de confinement et l’épidémie de coronavirus, il y a toujours des gens qui sont obligés d’aller au boulot ».

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