Coronavirus : l’économie du sport français, professionnel comme amateur, se prépare à de lourdes pertes – Le Monde

Vestiaire d’un stade de football de Saint-Denis, le 14 mars 2020.

Vestiaire d’un stade de football de Saint-Denis, le 14 mars 2020. FRANCK FIFE / AFP

Compétitions en suspens, magasins fermés, salles condamnées, annonceurs déprimés… En France, la pandémie due au Covid-19 a stoppé net l’économie du sport. Sans encore connaître une date de reprise, cette filière s’apprête à subir des dommages considérables pour l’année en cours.

D’après les remontées en date du mardi 31 mars, le ministère des sports annonce au Monde de premières estimations alarmantes. Il envisage jusqu’à 25 % de chiffre d’affaires en moins pour le secteur sportif sur l’ensemble de l’exercice 2020, par rapport à l’année précédente. Soit des pertes potentielles de 19 milliards d’euros, précise le ministère. Celui-ci s’appuie aussi sur une étude publiée en février, dans laquelle le groupe BPCE (Banque populaire Caisses d’épargne) attribuait aux entreprises du sport un chiffre d’affaires de 77,7 milliards d’euros en 2018, l’équivalent de 2 % de tout le secteur marchand du pays.

Hypothèse pessimiste

L’heure n’est, évidemment, qu’aux enquêtes provisoires de conjoncture. Les projections ministérielles pourront évoluer selon la situation sanitaire. Elles partent de l’hypothèse très pessimiste qu’aucun championnat professionnel ne sera en mesure de reprendre pour la saison 2019-2020. En revanche, elles prévoient, pour l’instant, que le Tour de France cycliste sera maintenu.

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Impossible de connaître avec précision la répartition de toutes ces pertes d’activité redoutées, ni l’impact sur l’emploi. A lui seul, le football professionnel pourrait perdre 1,16 milliard d’euros, en cas de non-reprise des championnats. Fin mars, le groupe de télévision Canal+, diffuseur historique, a prévenu la Ligue de football professionnel qu’il ne comptait pas s’acquitter de sa « prochaine échéance » de 110 millions d’euros, attendue au 5 avril.

Des mesures de chômage partiel ont été prises et concernent même les vedettes du Paris-Saint-Germain. Leur dernier match ? Une victoire sur Dortmund en Coupe d’Europe, le 11 mars, à huis clos, six jours avant le début du confinement, prolongé au moins jusqu’au 15 avril.

Un « plan de relance » pour les associations

Un « risque systémique » existe, selon Christophe Lepetit, responsable des études économiques au Centre de droit et d’économie du sport de Limoges. « Cela se traduirait par une déflation brutale, et non anticipée, des revenus des clubs », et donc par une incapacité à assumer leur masse salariale, explique-t-il dans un entretien publié en mars par l’Institut de relations internationales et stratégiques.

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