Coronavirus: comment le Bluetooth pourrait aider à enrayer l’épidémie – BFMTV.COM

Dans plusieurs pays, dont Taïwan ou Israël, des applications ont été mises en place par les autorités afin de suivre les déplacements des utilisateurs de smartphone. Le but: connaître l’historique de leurs mouvements et retracer d’éventuels contacts avec des malades du Covid-19, qui auraient été testés positifs par la suite.

Pour fonctionner, ces systèmes enregistrent les données de géolocalisation du smartphone par le biais du GPS. Une pratique particulièrement intrusive pour la vie privée. Mais une autre solution pourrait être privilégiée: le Bluetooth.

L’exemple de Singapour

Pour rappel, le Bluetooth est une norme de communication, par exemple utilisée pour connecter des accessoires (souris, clavier, écouteurs etc.) à un smartphone ou un ordinateur. Cette dernière fonctionne sur de très courtes distances, avec une portée d’une vingtaine de mètres. Dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, elle pourrait être mise à contribution par le biais d’une application, pour détecter automatiquement d’autres smartphones se trouvant à proximité, en identifiant par la suite ceux qui sont associés à un utilisateur testé positif au coronavirus. 

Comme le soulignent Les Echos, cette solution est déjà utilisée à Singapour, avec l’application gouvernementale TraceTogether. Concrètement, cette dernière associe un identifiant unique à chaque smartphone sur lequel elle est installée, puis enregistre tous les identifiants associés aux mobiles détectés dans un périmètre de deux mètres, dont les propriétaires pourraient représenter un risque de contamination. 

Lorsqu’un internaute s’identifie comme porteur du Covid-19, tous les smartphones détectés par le passé peuvent alors recevoir une alerte.

Aucun développement français en cours

Cette méthode a plusieurs avantages de taille: elle peut d’abord assurer une bonne protection de la vie privée, en associant des identifiants anonymes, le tout sans suivre à la trace les déplacements de l’utilisateur. Par ailleurs, le Bluetooth est bien moins gourmand en énergie que le GPS, qui nécessite parfois de recharger son smartphone au cours de la journée.

Pour le moment, aucune application de ce type n’est en cours de développement, rappelle Cédric O à BFM Tech, soulignant toutefois être attentif à ce qui se fait à l’étranger “pour mieux comprendre les solutions technologiques et leur intérêt sanitaire”. Pour être utiles, de telles applications impliquent en effet la réalisation de tests à grande échelle, ce qui n’est pas le cas dans l’Hexagone.

Les données liées à nos smartphones ont déjà été sollicitées ces derniers jours, cette fois dans le but de calculer des statistiques – anonymes – liées aux déplacements de la population. En analysant le nombre d’appareils se connectant à ses antennes-relais partout en France, Orange a par exemple pu déterminer que 20% des Franciliens avaient quitté la région parisienne au début du confinement.

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